J'écoute : la chouette qui ulule toutes le nuits et qui m'aide à m'endormir
Je regarde : les étoiles; leur nombre me persuade de l'éternité
Je lis : plusieurs livres que j'ai commencés et que je n'ai pas terminés
Je joue : à me faire peur
Je mange : trop souvent seul, hélas
Je bois : trop souvent seul aussi, hélas
Je cite : le moins possible; les citations traduisent un manque de personnalité
Je pense : à beaucoup trop de choses à la fois; j'arrête pas de penser
Je rêve : beaucoup, souvent, toujours
(mis à jour dimanche 28 octobre 2007 à 00:23)

26/05/2008

26/05/08 - 21:22

LA FAMILLE EN 1942

La définition de la famille que j'ai trouvée dans le cahier du petit Gabriel, si elle a une valeur générale, n'en colle pas moins très exactement à la France de l'époque. Le Maréchal Pétain a institué la fête des mères, et la famille est glorifiée. Avec le travail et la patrie, elle est un élément fondamental du tryptique de la Révolution nationale.
Le régime de Vichy veut s'appuyer sur la jeunesse pour instaurer une société nouvelle en éliminant les cadres de l'ancienne société civile et politique qui a, selon ses théories, amené la France à la défaite. La France a été saignée à blanc par la guerre de 1914-18, et il faut lui redonner ses forces vives. Mais en 1942, beaucoup d'hommes sont prisonniers ou déportés du travail. Les jeunes sont enrôlés dans des structures paramilitaires appelées Chantiers de Jeunesse. Il s'agit de reconstituer une armée puisque celle dont disposait le pays a été démobilisée après l'armistice. A l'école, l'enseignement met la famille à l'honneur en l'assimilant à la France elle-même. Aimer sa famille, c'est aimer la France. S'aimer entre parents et enfants, entres frères et soeurs, c'est adhérer à l'idéal de cohésion nationale prôné par le régime, et c'est, bien sûr, affirmer son attachement à la personne du Maréchal. Il faut avoir cela présent à l'esprit quand on lit ces quelques lignes, anodines sans doute pour des enfants de 10 ans et pour beaucoup de parents, mais qui n'en sont pas moins chargées de signification politique et idéologique.

23 novembre
"Rien n'est beau comme une famille dont tous les membres s'aiment et sont tendrement unis, où les joies et les peines sont partagées par tous, où tous ne forment qu'un seul coeur, où chacun s'applique à conserver l'honneur de son nom: on appelle cela l'esprit de famille. Ma grande famille, c'est la France; l'esprit de famille de tous les Français, c'est l'amour d'une même Patrie et l'obéissance parfaite à ses valeurs."

commentaires

26/05/08 - 22:21

Et Laval, dans un grand élan, décide de ne plus séparer les enfants des parents: ils seront déportés, ensemble.

26/05/08 - 22:23

oui, mais tu penses bien que cet aspect là de la politique de vichy n'était pas abordé dans les écoles.

26/05/08 - 23:29

Je trouvais ce post-la trop apologetique, sans distance. C'est pour ca que j'ai reagi.

27/05/08 - 07:21

Encore une fois, jerépète que je restitue des textes que j'ai trouvés dans un cahier d'écolier de l'époque. Je nefais pas un travail d'historien, je me contente de montrer comment ils collent à l'esprit d'une époque. C'est marrant de voir comment chacun voudrait que je prenne parti. Je ne suis pas là pour mener un combat pour ou contre.

28/05/08 - 16:08

Je comprends ce que ca a d'agacant de vouloir que tu prennes partie, je comprends tres tres bien (voir certains de mes posts recents. Bref, c'est pas le sujet.)
Je penses que je comprends ce que veux aire, mais je crois que ca ne marche pas: tu ne "montres" pas "comment les textes collent a l'esprit d'une epoque", sauf a etre certain que chacun connait, justement, l'esprit de l'epoque.
(Quant a mener un combat pour ou contre, ce n'est pas necessairement une idee saugrenue. Mais ce n'est pas le sujet non plus, en tous cas pas celui de mon commentaire.)

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