Extrait du cahier d'un écolier sous l'occupation .
J'ai déniché ce cahier parmi d'autres et parmi des livres de classe dans une malle dans le grenier de mes grands-parents maternels. Cahier de morale et d'instruction civique. Je l'ai emporté chez moi, et je l'ai lu. J'ai voulu en faire la recension, livrer son contenu aux lecteurs éventuels, non pas pour le simple plaisr de leur infliger des résumés de morale, mais pour montrer comment, derrière le contenu en apparence anodin, se glissaient parfois des messages qu'on dirait aujourd'hui subliminaux et qu'il est intéressant de décoder. J'ai cherché à faire une concordance entre les textes recueillis et les mots d'ordre d'une certaine propagande. Je ne pensais pas, en commençant, que ce petit travail allait susciter des réactions franchement hostiles et méprisantes chez certains lecteurs un peu trop facilement donneurs de leçons. Je suis toujours surpris de voir comment, quand on parle de certains sujets, il se trouve des gardiens du temple (mais de quel temple ?), des défenseurs acharnés de l'orthodoxie (laquelle ?), des gardes rouges toujours disposés à vous prêter je ne sais quelles intentions et à monter au créneau pour vous démolir. Mais leurs commentaires ne me décourageront pas de continuer.
Après le thème du travail, on aborde celui de l'école.
17 octobre
"Va en classe avec plaisir, et travaille avec application. Ecoute tes maîtres et respecte leur savoir."
20 octobre
"En se montrant studieux, l'écolier se rend service à lui-même et il s'assure les moyens d'augmenter son bien-être. Puis il se rend utile à la France dont, plus tard, il rehaussera la gloire par ses travaux ou par ses découvertes. La Patrie récompense ses bons écoliers. C'est de l'instruction que naît la grandeur des nations."
Le ton de ces quelques lignes est volontairement emphatique, un brin pompeux. Si, sous la Révolution de 89, les Robespierre et les Saint-Just pouvaient guillotiner Lavoisier en affirmant que "la République (n'avait) pas besoin de savants", la Révolution Nationale glorifie l'Ecole, sans doute pour mieux asseoir sa légitimité. On fait distribuer aux enfants des vignettes représentant le Maréchal Pétain, dont une porte en subscription ces mots "Je travaille bien en classe pour faire plaisir au Maréchal"! Tel Charlemagne, il récompense les bons écoliers. "A ma gauche les boucs, à ma droite les bénis de mon Père". C'est aussi simple que ça, mais ça marche.
09/05/08 - 09:35
Richtig, mein lieber Faudelio
Ach pour nous c'était le bon temps...
tu te souviens de nos promenades à Vichy?
Kollabo (visiteur)