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J'écoute : la chouette qui ulule toutes le nuits et qui m'aide à m'endormir
Je regarde : les étoiles; leur nombre me persuade de l'éternité
Je lis : plusieurs livres que j'ai commencés et que je n'ai pas terminés
Je joue : à me faire peur
Je mange : trop souvent seul, hélas
Je bois : trop souvent seul aussi, hélas
Je cite : le moins possible; les citations traduisent un manque de personnalité
Je pense : à beaucoup trop de choses à la fois; j'arrête pas de penser
Je rêve : beaucoup, souvent, toujours
(mis à jour dimanche 28 octobre 2007 à 00:23)

09/05/2008

09/05/08 - 00:39

Extrait du cahier d'un écolier sous l'occupation .

J'ai déniché ce cahier parmi d'autres et parmi des livres de classe dans une malle dans le grenier de mes grands-parents maternels. Cahier de morale et d'instruction civique. Je l'ai emporté chez moi, et je l'ai lu. J'ai voulu en faire la recension, livrer son contenu aux lecteurs éventuels, non pas pour le simple plaisr de leur infliger des résumés de morale, mais pour montrer comment, derrière le contenu en apparence anodin, se glissaient parfois des messages qu'on dirait aujourd'hui subliminaux et qu'il est intéressant de décoder. J'ai cherché à faire une concordance entre les textes recueillis et les mots d'ordre d'une certaine propagande. Je ne pensais pas, en commençant, que ce petit travail allait susciter des réactions franchement hostiles et méprisantes chez certains lecteurs un peu trop facilement donneurs de leçons. Je suis toujours surpris de voir comment, quand on parle de certains sujets, il se trouve des gardiens du temple (mais de quel temple ?), des défenseurs acharnés de l'orthodoxie (laquelle ?), des gardes rouges toujours disposés à vous prêter je ne sais quelles intentions et à monter au créneau pour vous démolir. Mais leurs commentaires ne me décourageront pas de continuer.

Après le thème du travail, on aborde celui de l'école.

17 octobre
"Va en classe avec plaisir, et travaille avec application. Ecoute tes maîtres et respecte leur savoir."

20 octobre
"En se montrant studieux, l'écolier se rend service à lui-même et il s'assure les moyens d'augmenter son bien-être. Puis il se rend utile à la France dont, plus tard, il rehaussera la gloire par ses travaux ou par ses découvertes. La Patrie récompense ses bons écoliers. C'est de l'instruction que naît la grandeur des nations."

Le ton de ces quelques lignes est volontairement emphatique, un brin pompeux. Si, sous la Révolution de 89, les Robespierre et les Saint-Just pouvaient guillotiner Lavoisier en affirmant que "la République (n'avait) pas besoin de savants", la Révolution Nationale glorifie l'Ecole, sans doute pour mieux asseoir sa légitimité. On fait distribuer aux enfants des vignettes représentant le Maréchal Pétain, dont une porte en subscription ces mots "Je travaille bien en classe pour faire plaisir au Maréchal"! Tel Charlemagne, il récompense les bons écoliers. "A ma gauche les boucs, à ma droite les bénis de mon Père". C'est aussi simple que ça, mais ça marche.

commentaires

09/05/08 - 09:35

Richtig, mein lieber Faudelio
Ach pour nous c'était le bon temps...
tu te souviens de nos promenades à Vichy?

09/05/08 - 10:43

Non, je n'ai que 27 ans, idiot! Du milichien au Kollabo, t'as eu un beau parcours! Dommage pour toi, t'étais un peu trop vieux pour t'engager chez Pol-Pot.

09/05/08 - 14:36

Cela fait plusieurs jours que je suis les cours de morale de votre grand père.
Je ne comprends pas qu'on puisse vous agresser pour cela. Ainsi donc, l'histoire ne serait supportable que dans ses grandes lignes...?
J'apprécie ce que vous faites ici, car vous livrez les choses telles qu'elles, laissant à chacun la liberté de se forger sa propre opinion.
Et puis je n'entends jamais parler de l'histoire des petites gens. Comment les gens du peuple vivaient-ils à telle époque, quelles étaient leur préoccupations, leur loisirs, leurs peines, leur travail, leur quotidien quoi!
Parce qu'après tout, ce que font les grands de ce monde, c'est bien joli, mais c'est un peu loin de mes considérations personnelles.
Donc, merci pour ces petites "leçons de morale".
(^_^)

09/05/08 - 17:42

Je suis né en 1948, donc en primaire en 1954, et oui, il y avait tous les jours la leçon de morale, ce n'était pas déplaisant.
les temsp ont changés, c'est bien, mais tout ce qu'on faisait à cette époque, n'était pas nul.
Mais quand même, une certaine chappe pesait sur nous.
Le maitre d'école était la référence, c'est lui qui détenait le savoir et, pas un père ou une mère n'aurait remis en cause ce qu'il avait enseigné.
Maintenant le savoir se trouve au centre de la salle à manger, il est allumé en permanence et comme c'est plus souvent TF1 qui est au programme qu'Arte ou la 5ème, c'est sur que l'instit ne fait plus le poids.
C'est dommage.

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