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J'écoute : la chouette qui ulule toutes le nuits et qui m'aide à m'endormir
Je regarde : les étoiles; leur nombre me persuade de l'éternité
Je lis : plusieurs livres que j'ai commencés et que je n'ai pas terminés
Je joue : à me faire peur
Je mange : trop souvent seul, hélas
Je bois : trop souvent seul aussi, hélas
Je cite : le moins possible; les citations traduisent un manque de personnalité
Je pense : à beaucoup trop de choses à la fois; j'arrête pas de penser
Je rêve : beaucoup, souvent, toujours
(mis à jour dimanche 28 octobre 2007 à 00:23)

07/05/2008

07/05/08 - 01:23

DANS LE VIEUX CAHIER DE PEPE

Que tous les milichiens branchent leur sonotone et se munissent d'une bonne loupe pour lire et entendre ce qui va suivre. Je répète que je cherche à décrypter les petits messages qui s'adressaient à des enfants de onze ou douze ans il y a de cela 65 ans dans des écoles de France. Je lis entre les lignes. Mon opinion personnelle n'a rien à voir là dedans.
10 octobre
Le maître reprend le thème de l'imprévoyant et du paresseux, et il évoque le patrimoine, c'est-à-dire la France. On est dans les années les plus sombres de l'occupation. Les Français galèrent pour survivre. L'engagement politique peut mener aux poursuites policières, judiciaires, et à la mort. Le discours dominant est celui-ci: les hommes politiques de la IIIème République et les Juifs sont la cause de l'effondrement national. Il faut des responsables, comme dans toutes situations graves. Vichy s'est engagé dans une Révolution nationale dont l'objectif avoué est de "relever la Patrie". Le petit résumé de la leçon de morale du jour est parfaitement clair quand on a les clés pour le décoder.

"L'imprévoyant et le paresseux laissent dépérir le patrimoine que leur ont transmis leurs aînés. ILS NE SONT PAS DIGNES DE L'HERITAGE QU'ILS ONT RECU.
Ecolier de France, par ton labeur tu participes aussi à la vie du pays. Montre-toi digne de ce que tes aînés ont construit."

La propagande de l'époque illustre habilement ce thème de la maison commune sapée par les forces de la politique corrompue et de l'argent. On voit une maison qui s'écroule, envahie par les ronces. Près d'elle se tiennent des individus ventripotents et grimaçants, cigare aux lèvres, des sacs d'or plein les bras. On voit aussi une famille en pleurs qui s'éloigne, vaincue par la misère. A côté, l'image de la même maison. Mais la Révolution nationale est passée par là. La maison est belle, propre, débarrassée de ses mauvaises herbes. On voit ses fondations solides. La famille, heureuse, est dans la maison. Plus loin, les ploutocrates s'enfuient. A l'horizon, le soleil se lève. Dans l'arc de cercle que dessine le soleil levant, le mot FRANCE.

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