Pauvre France!...
Ce soir après le boulot, je raccompagne Johann, mon mignon petit stagiaire, jusque chez lui. On se gare Cours Pasteur. Avant d'arriver chez lui, on croise deux jeunes qui font la manche. On discute un peu avec eux. Ils sont sympa, et ils sont contents qu'on leur consacre quelques minutes. Ils nous racontent leur galère. Je sors mon paquet de cigarettes, je leur explique que je fume pas, mais j'en ai sur moi pour eux. Derrière nous, une rombière sapée comme une qui s'habille pas en soldes se mêle de la conversation.
"Jeune homme" (c'est à moi qu'elle s'adresse. Je sais que je fais pas mes 27 ans, mais bon, j'ai horreur qu'on m'appelle "jeune homme"), vous encouragez des "gens comme ça" à ne rien faire."
Moi: "Mais madame, de quoi vous mêlez-vous ? Je parle avec eux, c'est mon droit."
Les jeunes: "Laisse tomber, mec, c'est une vieille conne."
La vieille conne: " Vous voyez, en plus ils sont mal élevés".
Eux: "Allez, mémé, tu dérapes, sinon on te vire".
Moi: "Calmez-vous les mecs". A la vieille conne: "Vous n'avez pas regardé l'émission hier soir sur les jeunes SDF ?"
La vieille conne: "Non, jeune homme; on en est saturé de ce genre d'émission. Ils n'ont qu'à travailler. Moi, à leur âge, je travaillais, jeune homme."
A partir de là, la conversation devient totalement surréaliste. Les deux jeunes gueulent, la vieille taupe glapit: "c'est des feignants, des parasites; on paie des impôts pour eux. En plus ils vous insultent." Au milieu du brouhaha, j'essaie de lui faire comprendre qu'on lui a rien demandé, et qu'elle s'est mêlée à une conversation qui ne la regardait pas. Les deux jeunes se marrent: "Wah, la vioque, t'as vu ta gueule? Tu bossais sur un trottoir ?"
Ca devient chaud. Des passants s'arrêtent. Johann commence à baliser. Il me tire par la manche "Viens, viens, ça dégénère". Moi, je m'amuse. Je prends les gens à témoins: "Vous leur demandez pas comment ils ont passé Noël ? Allez y, demandez leur. Ils vous diront qu'ils ont couché sous un pont autoroutier en plein froid".
Et ça a duré comme ça vingt bonnes minutes.
Vous savez quoi ? Je me suis aperçu qu'on peut retourner une situation quand on dit pas de conneries. La vieille taupe qui espérait qu'elle allait attirer la sympathie des passants est partie la queue entre les jambes, et les deux petits jeunes se sont fait en dix minutes plus de fric qu'en une journée. Johann voulait vraiment partir. Moi pas, mais bon, il fallait bien arrêter le cinéma. J'ai dit au revoir aux gens, et "Merci pour eux". J'ai dit au revoir aux deux garçons, en espérant les revoir un deces jours.
Finalement, je me suis dit que j'avais pas perdu ma journée.
11/01/08 - 20:44
Au fond de toi, tu n'es pas vraiment de droite.
Tu es sans doute plus gaulliste que sarkozyste. Or, le gaullisme n'est pas de droite.
En matière sociale, les gouvernements gaullistes des années 60 pourraient en remontrer aux socialistes de la fin du dernier siècle... Sans parler de la politique étrangère et de la politique de recherche.
dorant