IBRAHIM
Mon petit stagaire Johann est amoureux fou d'un jeune garçon marocain, Ibrahim, 18 ans, qui est beau commeun dieu, et qui a des fesses à faire damner un saint. Laurent et moi les avons invités tous les deux dimanche pour partager notre déjeuner et la galette des Rois. Au début, Ibrahim nous a paru très réservé, un peu distant, mais cette réserve n'est en fait qu'une classe naturelle, la distinction d'un garçon racé dont la beauté est en harmonie avec une espèce de noblesse innée. Le garçon mesure 1.87, musclé, mince comme un fil, moulé dans un pantalon de survête qui fait ressortir une paire de fesses affolantes, et qui met en valeur ce que Johann a le droit de découvrir quand il passe une main gourmande dans son boxer. Beau visage aux traits fins mais volontaires soulignés parune barbe rase d'un noir bleuté, et un regard qui vous pénètre comme une lame. Bref, un profil de jeune Prince des Mille et Une nuits. La conversation a démarré lentement, car Ibrahim n'est pas très loquace. Johann le gênait un peu par des bisous insistants et répétitifs, et j'ai craint un instant qu'il ne se sente pas à l'aise avec nous. Et puis il s'est détendu tout doucement, progressivement. Le repass'est bien passé. J'avais pris soin de ne rien cuisiner qui puisse le contrarier, car il est musulman pratiquant. Asperges avec une sauce mousseline, poulet aux girolles et aux cèpes, fromage, galette fournie par Johann. Ibrahim insista pour nous faire le café "comme au pays", c'est à dire très fort, mais très bon. Et puis il s'est mis à nous parler. A nous parler de sa vie, de son homosexualité, et du drame qu'elle représente pour lui. Il se connaît homo depuis l'âge de 14 ans, et c'est pour lui une véritable torture. La famille est pratiquante et l'homosexualité des garçons est un sujet qui n'est même pas envisageable. Impossible d'en parler. Il faut ruser, surtout avec les soeurs qui sont de vraies vipères et qui jouent à le mettre en difficulté. Il a connu quelques expériences avec des garçons européens ou africains, mais toujours à la sauvette, clandestinement, en se cachant dans les caves d'immeubles. Impossible de sortir avec un garçon ou de se faire un câlin à la piscine. Tout juste la possibilité de regarder ceux qui ont "le droit" de le faire.
Il nous a dit que si son père était au courant, il le renierait et le mettrait à la rue. En plus, il lui pourrirait sa vie pour qu'il n'ait aucune chance de pouvoir rentrer au pays. Il nous a parlé d'un de ses copains qui s'est suicidé à vingt ans parce que son père avait découvert son homosexualité et il avait mis toute la famille dans la confidence. Ca m'a bouleversé parce qu'Ibrahim avait des larmes plein les yeux, et on sentait vraiment qu'il est déchiré parcette situation. Sa maman est seule au courant, et elle garde le secret. J'ai proposé à Johann qu'ils se retrouvent chez moi quand ils en ont envie, au lieu de baiser à la va-vite dans des caves d'immeubles. Je vais essayer avec Laurent de trouver une solution qui leur permette à tous les deux de s'aimer gentiment et tranquillement dans la discrétion. Je les ai invités à nouveau dimanche prochain. On en reparlera.
08/01/08 - 18:09
c'est dur pour lui, pourvu qu'il ne desespere pas de choisir son propre chemin
domilyon