J'écoute : la chouette qui ulule toutes le nuits et qui m'aide à m'endormir
Je regarde : les étoiles; leur nombre me persuade de l'éternité
Je lis : plusieurs livres que j'ai commencés et que je n'ai pas terminés
Je joue : à me faire peur
Je mange : trop souvent seul, hélas
Je bois : trop souvent seul aussi, hélas
Je cite : le moins possible; les citations traduisent un manque de personnalité
Je pense : à beaucoup trop de choses à la fois; j'arrête pas de penser
Je rêve : beaucoup, souvent, toujours
(mis à jour dimanche 28 octobre 2007 à 00:23)

10/12/2007

10/12/07 - 19:39

Si tu me causes comme ça...

La conversation que Furt nous rapporte dans son blog me laisse rêveur. Il est prof, et il remet son chef d'établissement dans ses dix-huit mètres. Ah que c'est beau, le statut de fonctionnaire. On ne risque rien, et si le chef fronce le sourcil, la commission paritaire lui fera fermer sa gueule et rentrer dans le rang. Moi, si je m'avisais de parler comme ça à l'un de mes chefs, je me retrouverais vite en slip (plus exactement en boxer DIM) en train de tapiner rue sainte-catherine. C'est vraiment pô juste!

commentaires

10/12/07 - 19:55

ben ouais c un de leurs avantage , mais ils sont déconnectés de tout, dieu merci je n'ai pas de gosses

on croit que l'entrepirse est démocratique alors qu'elle est organisée sur l'exemple militaire

La fonction publique tend à changer...C'est tant mieux, allons faire un trou dans l'europe du nord sociale democrate mais cependant organisée..et hiérarchisée

10/12/07 - 19:57

Un Américain et un Français passent une superbe voiture.
L'Américain se dit : Putain, comment je pourrais faire pour avoir la même ?
Le Français se dit : Putain, comment je pourrais faire pour qu'il ne l'ai plus ?

Cette mentalité est flagrante avec le droit social...

On a l'impression que certains Français rêvent que tout le monde ait une vie de merde pour ne pas être les seuls.

10/12/07 - 20:25

On comprend ainsi pourquoi devant une telle mentalité dans l'école publique, l'école privée prend du poids, et c'est tant mieux !!! Continuez Monsieur Furt

10/12/07 - 21:20

Evidemment, ya que ds le privé qu'on est content de travailler gratuitement et qu'on trouve ca normal...

10/12/07 - 21:21

La conversation rapportée relève sans doute plus du fantasme ou alors elle indique un chef d'établissement assez faible. Ce dernier est le supérieur hiérarchique des enseignants, quelque soient leurs diplômes supposés ou leurs scolarités antérieures. Je ne pense pas qu'un chef d'établissement puisse accepter ce genre de propos.
Les enseignants sont des fonctionnaires obéissant à une hiérarchie et ils doivent "fonctionner", tout comme ils doivent être capables de rendre compte de leurs activités à leurs tutelles. Ils n'appartiennent pas aux professions libérales, même s'ils croient en exercer une...
La plupart le font et c'est pour cela qu'ils sont payés.
Point-barre.
Enseigner suppose le respect de l'autorité.

11/12/07 - 11:42

Mon cher Dorant, tu as raison en théorie, mais la réalité est tout autre. Il faut savoir qu'un chef d'établissement n'a aucun pouvoir de sanction. Son "autorité" se limite à faire tourner sa boîte sans qu'il y ait de vagues. Dans l'administration, c'est le maître mot. S'il constate des dérives ou des manquements à la règle, il va essayer d'en parler gentiment avec la personne nconcernée, mais en évitant les paroles trop senties ou les allusions à une éventuelle sanction, car le fonctionnaire alerte illico Saint Dycat qui descend aussitôt dans l'établissement pour demander des comptes au patron. Et si l'affaire remonte jusqu'à l'IA et au Recteur, il va avoir quelques ennuis. Les enseignants sont des fonctionnaires qui veulent imposer une règle à leurs élèves, mais qui s'en exonèrent allègrement. Ils ont sans cesse le mot "respect" à la bouche, mais curieusement, ils l'appliquent très peu pour eux-mêmes dans leur vie professionnelle.
Cela dit, je pense que le message de Furt relatait un "dialogue imaginaire", mais il colle très bien à la réalité.

11/12/07 - 18:51

Que dire ? Vos commentaires laissent rêveur,comme le dit faudelio, mais à bien d'autres égards. Ce dialogue est, à quelques infimes détails près, un dialogue qui s'est déroulé hier soir.

Un fonctionnaire n'est pas un robot borné qui dit "Oui chef". Vous avez une vision bien obsolète de la Fonction publique. "Messieurs les ronds-de-cuir", c'était au siècle dernier, et c'était une caricature. Ou bien c'est un futur collabo. Relisez, par exemple, le Code de la fonction publique. De nombreuses jurisprudences établissent la liberté pédagogique, la liberté d'appréciation d'une situation, etc.
Un enseignant respecte, comme tout le monde, une autorité respectable. J'ai connu d'autres principaux, éminemment respectables, que j'admire. J'ai été inspecté par un type brillantissime, intelligent et noble. Mais lui dénature sa fonction.
L'on voit bien que vous ne connaissez pas la personne qui nous sert de chef d'établissement. Ca n'est pas la première fois que je lui souffle dans les bronches, et encore, ce fut soft. Ce monsieur a été inspecté et placardisé. Imaginez-vous ce que cela représente dans la fonction publique ? C'est un homme qui est fait pour la chasse, la pêche, ses champs et ses bois, mais pas pour diriger 50 adultes et tenir la responsabilité de 500 gamins. Les emplois du temps faits le 17 septembre ? Le projet d'établissement en retard de 4 ans ?
Si ce cadre était compétent, il n'en serait pas à me demander en décembre de mettre en place un projet qui n'est pas financé depuis septembre alors qu'il est déposé depuis juin.
Et qui, pendant ce temps, bénévole, temporise, sauve les meubles avec les élèves ? Si les enseignants faisaient strictement ce pour quoi ils sont payés, 15% des cours disparaîtraient, et 50% du travail de suivi et d'accompagnement de l'élève et des familles ne serait pas fait. Qui sait combien les textes officiels qui régissent nos missions sont flous, lâches, silencieux ?

Enfin, qui parmi vous veut prendre notre place ? Qu'il passe l'agrégation, se fasse nommer dans un trou paumé à 900 bornes de chez lui et vienne tenir des classes d'adolescents pour 1500 euros par mois, je l'applaudirai.
Un point pour finir et pour Lordmelbourne : dans mon secteur, l'Ecole privée perd des élèves, en 6e, 4e et 3e ? Pourquoi pas en 5e ? Parce que certains parents, suite à la scolarité en 6e, prennent la mouche et inscrivent leurs gamins en 5e. Evidemment, quand on demande que les devoirs soient faits et surveillés à la maison, ça ne plaît pas à papa Kévin.
En 4e, ils reviennent, parce que leur gamin s'est fait refiler du shit à Saint-Machin. D'autres questions ?

Vos certitudes sont commodes : définitives. Les syndicats m'agacent, parce qu'ils perdent le contact avec le terrain. Je ne suis pas syndiqué. Je ne fais pas grève. Moi, je suis sur le terrain. Que ceux qui jugent viennent dans ces académies déshéritées. Et tant que j'aurai un chef incompétent, je lui ferai la leçon devant tout le monde. Le bonsoir, messieurs.

11/12/07 - 22:15

Furt: bien entendu votre commentaire; j'étais aussi un peu tendu hier soir, suite à un échange assez vif avec un de mes collègues; il s'agit donc d'un cas d'espèce, un cas limite.
J'ai eu jadis dans la même académie (?) (Amiens) un chef d'établissement à peu près semblable. On l'appelait "Porter 69" et en fin de journée, il était dans les vaps. Mais à l'époque - années 80 - lui dire ce que vous avez dit hier à votre chef, était impensable. Les textes étaient moins flous et sans doute que la fonction en imposait plus que maintenant...
Quant à l'académie déshéritée, si c'est la Picardie, j'en garde un souvenir épouvantable - alcoolisme des parents, pauvreté intellectuelle et misère morale.
Une impression de désespoir contre lequel je ne pouvais rien ou si peu.

11/12/07 - 22:17

*laquelle

12/12/07 - 11:30

Encore un petit commentaire après le post de Furt: il y a certainement des chefs d'établissement incompétents, comme il peut y en avoir aussi dans le privé. Le financement des projets ne dépend pas du principal ou du proviseur qui se contente de le proposer aux services de l'IA et du Recteur. Et on sait tous que les projets sont acceptés en fonction des crédits disponibles. J'ai un copain qui a déposé des projets qui n'ont jamais été validés, faute de fric pour les réaliser. Là dessus, le chef peut pas grand chose. Quant à être nommé à 900 bornes de chez soi, je crois que ça n'existe plus. Les jeunes profs que je connais et qui sont mes potes ont tous été nommés soit dans l'académie de bordeaux, soit dans une academie limitrophe.
Les chefs d'établissement qui picolent sont, semble t-il, assez nombreux, même les femmes. Mais y a pas mal de profs aussi qui descendent bien. C'est une maladie de l'EN ? Quant aux lycées privés, ça deale pas mal dedans et dehors, et quand des élèves se font piquer, ils sont vite remis en douce à papa et maman Kévin, et ils sont dirigés vers un bahut public, et le problème est réglé. Faut démystifier le privé. J'en termine avec les syndicats; mon cher Furt, sur ce point (et sûrement sur beaucoup d'autres) on est excatement raccord.
Je vous fais pleins de bisous a tous.

12/12/07 - 18:38

Je prends acte de votre honnêteté intellectuelle mais surtout de votre aimable compréhension.

Je précise plusieurs points.

Faudelio, l'attibution non, mais la requête des heures dépend du chef d'établissement. Quand vous découvrez au cours du premier trimestre que le projet que vous lui avez remis en juin n'a même pas été lu, et a fortiori pas transmis, la chose dépend du Principal, et non pas d'un IA qui n'a même pas entendu parler de votre travail. C'est le genre de type à vous demander trois fois, en trois mois, la clef USB sur laquelle vous avez tapé votre projet. Résultat, on tape tous tout, et l'on fait systématiquement des photocopies d'archives personnelles. Enfin... c'est du grand n'importe quoi. Il arrive au bahut entre 9h et 10h, et son gros 4x4 le quitte en général avant moi. Vous imaginez le bonhomme.

Au sujet des mutations, je suis très étonné du confort dont vous parlez, Faudelio. J'ai bien été, moi, nommé exactement à 901 km des miens. Il y a certes de cela 6 ans. Mais deux ans après, je retrouvais en salle des professeurs des amis qui étaient en hypokhâgne quand je khûbais moi-même.
Je ne crois pas que beaucoup de jeunes professeurs de Lettres toulousains et qui ont le défaut de ne pas être pacsés échappent aux mutations sur Créteil ou Nogent-sur-Oise.

Et au vu des barèmes des six années précédents, c'est pas demain la veille que je serai nommé dans un collège toulousain. Notez que je m'en plains un peu moins depuis que celui que j'aime travaille à deux minutes du Louvre. :-)

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