les jours se suivent...
Bordeaux était quasiment en état de siège. La manif était là, bien organisée, bien structurée. Damien, un de mes collègues avec qui je m'étais un peu frité la semaine dernière, m'avait laissé un post dans mon ordi: "Je vais meurtrir mes pieds et ma fin de mois pour sauver ton pouvoir d'achat". C'était accompagné d'une émoticône avec un grand sourire, ce qui veut dire que ce n'était pas un message agressif. On en parlera demain. Je te comprends, Damien; je comprends les raisons de ta colère. Je ne suis ni idiot, ni aveugle, ni sourd. Je vis dans le même monde que toi, et je connais les mêmes problèmes que toi. Ce que j'ai écrit la semaine dernière m'a valu des réponses auxquelles je m'attendais. Non, je ne suis pas une pute, non je ne suis pas un salaud, non je ne suis pas un "mec de la haute". Mais bon, je sais une chose; j'ai beau me justifier, je n'arriverai pas à convaincre ceux qui m'en collent plein la tête que cette grève est en fait le 3ème tour des élections présidentielles.
Allez, on parle d'autre chose. J'ai passé une mauvaise journée. Mon doudou n'allait pas bien. Petit coup de téléphone vers midi. "Je suis pas bien, je crois que je vais rentrer plus tôt ce soir". Il devait finir à 20 heures. Je lui propose d'aller le chercher. Il veut rester à son travail au moins jusqu'à 17 heures (heure des rotations dans son service). "Si ça va pas, appelle moi". Depuis hier, j'ai un petit stagiaire avec moi, Johann, un petit mec de 22 ans qui fait un CDD dans mon service. Je suis son tuteur. Il est mignon, mais il n'a pas grand chose dans la tête. Heureusement, sa présence m'occupe et m'éloigne un peu de mes soucis.
Vers 17h, Laurent me téléphone à nouveau. Il est chez lui, il s'est couché. "Je suis vraiment pas bien", me dit-il. Je parle avec mon chef. Il me dit que je peux y aller. Pour aller chez Laurent, il faut traverser Bordeaux. C'est la galère. Les Bordelais conduisent comme des dingues. A un feu, je me fais traiter d'enculé par un mec pressé. "Enculé!!!!!!!!!!!!" Je souris. S'il savait. Mais bon, il ne peutpas savoir.Tant mieux, parce qu'il est moche . Je finis par arriver chez Laurent. Je le trouve allongé sur son canapé. Manifestement, il est content que je sois là. "Allez, je t'embarque", luis dis-je. On se fait un gros câlin. "Je te fais des soucis", me dit-il. "Déconne pas, j'appelle mon toubib, et on passe le voir en rentrant, et après on rentre à la maison." Je le regarde, j'ai l'impression que ses yeux sont pleins de larmes. Mais c'est peut-être la fièvre. On s'en va, car il est presque 18h. J'ai téléphoné à mon médecin. Il sait que je suis gay, et je suis très libre avec lui. "Je t'attends", me dit-il.
On arrive au cabinet. Il fait passer Laurent entre deux clients. "Tu le gardes chez toi", me dit-il "il est pas en état d'aller travailler. Il a une bonne bronchite. 38°9 de température. C'est sérieux. Soigne le bien." On passe en vitesse à la pharmacie toute proche, et on rentre à la maison. Comme par hasard, ma voisine qui est curieuse comme une belette est dans son jardin. Elle me propose du potage de légumes. Ca tombe bien, car mon frigo est plutôt vide. Laurent prend sa douche et va se mettre au lit. "Viens, me laisse pas tout seul". On se fait des câlins. Je suis heureux qu'il soit là avec moi, et je sens que lui aussi est heureux. "Je t'embête", me dit-il. "Arrête, dis pas de conneries". Il est fatigué. Je le laisse se reposer pendant que je prépare un petit repas léger. La soirée se passe. Il s'endort sur la canapé. Je mets sur lui une couverture, et je le regarde dormir. Leo saute sur la canapé et vient se coucher sur ses jambes. Valentine est à côté de moi. Tout est calme. Dehors il pleut à verse. Déjà la chouette chante. La nuit commence. Bonne nuit, mon grand garçon. Je t'aime.
21/11/07 - 11:59
C'est mignon comme tout !
Matt (visiteur)