J'écoute : la chouette qui ulule toutes le nuits et qui m'aide à m'endormir
Je regarde : les étoiles; leur nombre me persuade de l'éternité
Je lis : plusieurs livres que j'ai commencés et que je n'ai pas terminés
Je joue : à me faire peur
Je mange : trop souvent seul, hélas
Je bois : trop souvent seul aussi, hélas
Je cite : le moins possible; les citations traduisent un manque de personnalité
Je pense : à beaucoup trop de choses à la fois; j'arrête pas de penser
Je rêve : beaucoup, souvent, toujours
(mis à jour dimanche 28 octobre 2007 à 00:23)

08/11/2007

08/11/07 - 16:11

En forme de suite à "la vie après la vie"

Freres humains qui apres nous vivez,
N'ayez les cuers contre nous endurciz,
Car, se pitié de nous pouvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six:
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie:
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

si freres vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdain, quoique fusmes occiz
Par justice. Toutesfois, vous sçavez
Que tous hommes n'ont pas le sens rassiz;
Excusez nous, puis que sommes transsiz,
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous preservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

La pluye nous a debuez et lavez,
Et le soleil dessechez et noirciz:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arrache la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assiz;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
A son plaisir san cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez a couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n' ait de nous seigneurie:
A luy n'ayons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.


Ce poème en forme de ballade est l'Epitaphe Villon, que François écrit, alors que, condamné à mort, il s'attend à être pendu. La Ballade des Pendus reste le chef d'oeuvre du poète. La condamnation fut annulée par le Parlement en 1463, et nul n'entendit plus jamais parler de François Villon qui disparut complètement à cette date.

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