J'écoute : la chouette qui ulule toutes le nuits et qui m'aide à m'endormir
Je regarde : les étoiles; leur nombre me persuade de l'éternité
Je lis : plusieurs livres que j'ai commencés et que je n'ai pas terminés
Je joue : à me faire peur
Je mange : trop souvent seul, hélas
Je bois : trop souvent seul aussi, hélas
Je cite : le moins possible; les citations traduisent un manque de personnalité
Je pense : à beaucoup trop de choses à la fois; j'arrête pas de penser
Je rêve : beaucoup, souvent, toujours
(mis à jour dimanche 28 octobre 2007 à 00:23)

13/10/2007

13/10/07 - 13:49

Faudelio, tel Saint François d'Assise

Je vais vous parler d'une de mes passions, les oiseaux. J'envie ceux qui nous offrent de si jolis blogs avec de belles photos d'endroits ou de personnes qui leur sont chers. J'aimerais pouvoir en faire autant, mais voilà, je ne suis pas tellement doué pour cela. J'aimerais vous montrer les oiseaux qui colonisent mon petit bout de jardin. Depuis quelques jours, je vois arriver un petit rouge-gorge. Il vient se percher sur mon lilas, et il chante, il chante, le petit bougre, à s'en rompre le gosier. J'ai aussi des chardonnerets au belles teintes rouge-brun-blanc et jaune, des merles effrontés qui chassent mes petits amis pour prendre la nourriture que je leur donne, des moineaux batailleurs tels de petits Gavroches ailés. Il y a aussi des verdiers aux couleurs magnifiques, et mes petites copines les mésanges, celles que j'aime entre toutes, les bleues et les charbonnières. J'ai aussi des tourterelles qui me réveillent tôt le matin en été de leurs croucrous lancinants. Ils font mon petit monde, mes petits oiseaux de jardin. Je passe de longs moments à les regarder, allongé sur mon lit. Ils me regardent par la porte vitrée, inclinant leur petite tête, et ils pépient à coeur joie. Mais mon drame, c'est Léo, mon félin qui, dans un coin de sa tête, se souvient qu'il fut chasseur et qui le reste. Il me rapporte régulièrement un oiseau encore vivant. Il ronronne comme un fou et me laisse son offrande, fier de lui. Je le caresse, mais je suis triste pour mon petit ami qui va mourir. Comme beaucoup de timides, je suis un amoureux fou des bêtes. Je leur parle, elles me parlent à leur manière, je les nourris, je les soigne. Je les aime.
J'ai la chance d'avoir une petite maison, toute petite, toute gentille, avec un petit bout de jardin. Au-dessus de la porte, une date encore bien lisible, gravée dans la pierre: 1897. J'ai une cheminée. Bientôt, je vais allumer un feu et regarder les flammes, le soir, quand je me sens un peu triste. Laurent qui est venu la semaine dernière s'y sent bien. Il la préfère à son studio bordelais trop anonyme. J'ai des petits vosisins adorables, Paul et Madeleine, ils ont entre 75 et 80 ans. Ils sont pour moi comme d'autres grands-parents. Madeleine me fait des petits plats "Tu manges rien", me dit-elle d'un ton de reproche. Je ne peux pas lui dire que je surveille mon poids, elle ne comprendrait pas. Paul est allé aux champignons. Madeleine m'en a préparé "une petite cuisine", comme elle dit. Ils m'entretiennent mon petit bout de jardin, gardent Léo et Valentine quand je m'éclipse. Ils m'aiment bien. "Tu es notre petit-fils", me dit Madeleine. Et comme je suis une vraie fontaine, les larmes me montent vite aux yeux. En bonne maman et en bonne mammie, elle s'étonne: "Un petit gars mignon comme toi, tu devrais avoir une petite femme". Et voilà! C'est reparti. Eh oui, je devrais, mais je n'ai pas de petite femme. Je préserve jalousement mon petit jardin secret. "Fous-lui donc la paix à ce drôle", bougonne Paul, "il t'a pas attendue pour en trouver une!" "Oui, mais on aimerait bien faire sa connaissance", surenchérit Madeleine. Les pauvres chéris, s'ils savaient!
Ma vie se passe ainsi. Je suisen paix. J'attends mon amour. Il va venir, je le sais, je le sens. Laurent est arrivé dans ma vie sans crier gare. Je n'ai qu'un seul voeu à formuler: ne pars pas trop vite! Ne fais pas comme mes petits amis ailés qui vont et viennent, se posent chez moi, et d'un coup d'aile sont déjà loin. J'ai besoin d'un bras autour de mon cou, d'un garçon dans mon lit, de lèvres chaudes sur les miennes. Je voudrais tant n'être plus seul le soir!...

commentaires

13/10/07 - 14:18

Jolie déclaration ! =)

13/10/07 - 15:53

Le bonheur est dans le pré, peut-être

22/11/07 - 22:19

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