J'écoute : la chouette qui ulule toutes le nuits et qui m'aide à m'endormir
Je regarde : les étoiles; leur nombre me persuade de l'éternité
Je lis : plusieurs livres que j'ai commencés et que je n'ai pas terminés
Je joue : à me faire peur
Je mange : trop souvent seul, hélas
Je bois : trop souvent seul aussi, hélas
Je cite : le moins possible; les citations traduisent un manque de personnalité
Je pense : à beaucoup trop de choses à la fois; j'arrête pas de penser
Je rêve : beaucoup, souvent, toujours
(mis à jour dimanche 28 octobre 2007 à 00:23)

12/10/2007

12/10/07 - 22:56

Le remords de Faudelio

22h40. Je regarde vaguement la télé, très vaguement. Léo saute sur mes genoux, Valentine, la petite chienne, s'agite à mes mes pieds. J'ai un peu froid. Je vais mettre le chauffage. La télé m'ennuie. J'ai besoin de musique. Besoin d'une musique qui s'accorde à mes pensées. La liturgie slave, voilà ce que je choisis. C'est beau, c'est profond, la musique s'élève comme les vapeurs de l'encens, tourbillonne, enfle, s'exhale. Je ne peux m'empêcher de penser à ce garçon si gentil, si doux et si meurtri. Que fait-il ce soir ? Est-il seul ? Est-il sorti ? Erre-t-il du côté de la rue Sainte-Catherine à la recherche d'une improbable rencontre ? Est-il enfermé chez lui, berçant sa propre douleur ? Peut-être rien de tout cela. Son image me hante. Je ne peux l'écarter. Cent fois j'ai été tenté de lui envoyer un message. Mais je sais que ce serait mettre le doigt dans un fatal engrenage. Il ne faut surtout pas ajouter à sa souffrance unesouffrance supplémentaire. Alors je resterai silencieux, et je respecterai son silence. Ce soir, je me sens vide. Je n'ai envie de rien, et je prie le Ciel que Laurent ne me téléphone pas. Je suis par la pensée avec ce garçon que j'aurais pu rencontrer, que j'ai failli connaître et que je ne connaîtrai jamais. Je voudrais tant qu'il lise ces mots. Ce soir. Demain. Un jour. Et qu'il sache que je pense à lui. Ca commence comme ça, un amour ?

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