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J'écoute : la chouette qui ulule toutes le nuits et qui m'aide à m'endormir
Je regarde : les étoiles; leur nombre me persuade de l'éternité
Je lis : plusieurs livres que j'ai commencés et que je n'ai pas terminés
Je joue : à me faire peur
Je mange : trop souvent seul, hélas
Je bois : trop souvent seul aussi, hélas
Je cite : le moins possible; les citations traduisent un manque de personnalité
Je pense : à beaucoup trop de choses à la fois; j'arrête pas de penser
Je rêve : beaucoup, souvent, toujours
(mis à jour dimanche 28 octobre 2007 à 00:23)

22/11/2007

22/11/07 - 12:40

Salut l'artiste!

Maurice Béjart est mort. C'est l'art de la danse, et aussi l'art tout court qui est en deuil.
Ce matin, c'est encore le foutoir en ville. Plus ça change, plus c'est pareil, et même pire. Mais si j'ai bie compris, "c'est un apéro". on attend de voir ce que sera le plat de résistance après l'entrée. Bon courage, la France!

21/11/2007

21/11/07 - 20:28

Les jours se suivent, et hélas se ressemblent

Galère pour aller au boulot. Impossible de sortir des bouchons aux entrées de Bordeaux. En plus les automobilistes bordelais sont vraiment des cons. Ils sont aussi cons que les parisiens, c'est pas peu dire! Mon doudou est resté chez moi ce matin, mais fallait quand meme bien qu'il mette le nez dehors pour aller voir son toubib pour qu'il lui donne un arret de travail. Et je te traverse Bordeaux en tous sens, et je m'enerve, et j'en ai ras la casquette de ce bordel. Finalement, je dépose mon doudou chez lui. Maintenant, il faut faire la route en sens inverse et aller au boulot. Ca bouchonne partout. J'ecoute la radio pour passer le temps. J'entends que des sabotages ont été commis sur les lignes du TGV atlantique. Le mec qui parle pour SUD-Rail a du mal a dire qu'il condamne ces actes. Lui, il ne sait pas de quoi il s'agit, donc il ne ne dit rien. Soit... C'est lamentable. Commentpeut-on saboter son outil de travail ? Je suis écoeuré.
Mon doudou va rester a vec moi parce qu'il est malade. Je vais le câliner tout le week end. Ca, c'est la bonne nouvelle de la journée.

21/11/07 - 00:08

les jours se suivent...

Bordeaux était quasiment en état de siège. La manif était là, bien organisée, bien structurée. Damien, un de mes collègues avec qui je m'étais un peu frité la semaine dernière, m'avait laissé un post dans mon ordi: "Je vais meurtrir mes pieds et ma fin de mois pour sauver ton pouvoir d'achat". C'était accompagné d'une émoticône avec un grand sourire, ce qui veut dire que ce n'était pas un message agressif. On en parlera demain. Je te comprends, Damien; je comprends les raisons de ta colère. Je ne suis ni idiot, ni aveugle, ni sourd. Je vis dans le même monde que toi, et je connais les mêmes problèmes que toi. Ce que j'ai écrit la semaine dernière m'a valu des réponses auxquelles je m'attendais. Non, je ne suis pas une pute, non je ne suis pas un salaud, non je ne suis pas un "mec de la haute". Mais bon, je sais une chose; j'ai beau me justifier, je n'arriverai pas à convaincre ceux qui m'en collent plein la tête que cette grève est en fait le 3ème tour des élections présidentielles.
Allez, on parle d'autre chose. J'ai passé une mauvaise journée. Mon doudou n'allait pas bien. Petit coup de téléphone vers midi. "Je suis pas bien, je crois que je vais rentrer plus tôt ce soir". Il devait finir à 20 heures. Je lui propose d'aller le chercher. Il veut rester à son travail au moins jusqu'à 17 heures (heure des rotations dans son service). "Si ça va pas, appelle moi". Depuis hier, j'ai un petit stagiaire avec moi, Johann, un petit mec de 22 ans qui fait un CDD dans mon service. Je suis son tuteur. Il est mignon, mais il n'a pas grand chose dans la tête. Heureusement, sa présence m'occupe et m'éloigne un peu de mes soucis.
Vers 17h, Laurent me téléphone à nouveau. Il est chez lui, il s'est couché. "Je suis vraiment pas bien", me dit-il. Je parle avec mon chef. Il me dit que je peux y aller. Pour aller chez Laurent, il faut traverser Bordeaux. C'est la galère. Les Bordelais conduisent comme des dingues. A un feu, je me fais traiter d'enculé par un mec pressé. "Enculé!!!!!!!!!!!!" Je souris. S'il savait. Mais bon, il ne peutpas savoir.Tant mieux, parce qu'il est moche . Je finis par arriver chez Laurent. Je le trouve allongé sur son canapé. Manifestement, il est content que je sois là. "Allez, je t'embarque", luis dis-je. On se fait un gros câlin. "Je te fais des soucis", me dit-il. "Déconne pas, j'appelle mon toubib, et on passe le voir en rentrant, et après on rentre à la maison." Je le regarde, j'ai l'impression que ses yeux sont pleins de larmes. Mais c'est peut-être la fièvre. On s'en va, car il est presque 18h. J'ai téléphoné à mon médecin. Il sait que je suis gay, et je suis très libre avec lui. "Je t'attends", me dit-il.
On arrive au cabinet. Il fait passer Laurent entre deux clients. "Tu le gardes chez toi", me dit-il "il est pas en état d'aller travailler. Il a une bonne bronchite. 38°9 de température. C'est sérieux. Soigne le bien." On passe en vitesse à la pharmacie toute proche, et on rentre à la maison. Comme par hasard, ma voisine qui est curieuse comme une belette est dans son jardin. Elle me propose du potage de légumes. Ca tombe bien, car mon frigo est plutôt vide. Laurent prend sa douche et va se mettre au lit. "Viens, me laisse pas tout seul". On se fait des câlins. Je suis heureux qu'il soit là avec moi, et je sens que lui aussi est heureux. "Je t'embête", me dit-il. "Arrête, dis pas de conneries". Il est fatigué. Je le laisse se reposer pendant que je prépare un petit repas léger. La soirée se passe. Il s'endort sur la canapé. Je mets sur lui une couverture, et je le regarde dormir. Leo saute sur la canapé et vient se coucher sur ses jambes. Valentine est à côté de moi. Tout est calme. Dehors il pleut à verse. Déjà la chouette chante. La nuit commence. Bonne nuit, mon grand garçon. Je t'aime.

20/11/2007

20/11/07 - 12:18

Il y a des soirs où...

Hier soir, je n'avais pas trop le moral. Laurent est mal fichu, prémices d'une grippe, probablement. Quand il m'a quitté hier matin, il était tout frissonnnt et fiévreux. Je suis allé le voir en fin de journée. Il était toujours aussi peu en forme. J'aurais bien aimé rester avec lui, mais comme il avait l'air fatigué et que moi, la nuit, je dors peu, je n'aurais pas voulu ajouter à sa fatigue. Je suis donc rentré chez moi. Un whisky pour me redonner du courage, puis un autre. J'ai grignoté un petit truc avec, puis j'ai allumé la télé, par habitude.
Je jette un oeil sur le programme. Jean-Pierre Castaldi, berk... Il ressemble de plus en plus à Hulk en vieux. Très peu pour moi. Mireille Dumas et ses invités, non, non, non et non! Cold Case ? J'aime bien, en général. Et dire que j'ai failli ne pas voir que M6 présentait "Will Hunting". J'ai passé une excellente soirée. Beau film, remarquablement servi par Matt Damon plus joli que nature dans un rôle d'étudiant génial et trouble , et un Robin Williams prodigieux dans la peau d'un psy rayonnant d'humanité. Le face à face est époustouflant. Une fin de film bouleversante. La petite fleur sensible que je suis (mais si, mais si) y est allée de sa larme. Ah, Lolo, comme j'aurais aimé que tu sois là pour me tenir dans tes bras de mâle! Vraiment, c'est un très bon film, et je conseille à ceux qui ne l'ont pas vu de se le procurer en DVD.

17/11/2007

17/11/07 - 09:12

Encore et toujours lui...

Je vous signale que Michel Drücker sera aussi l'invité d'Isabelle Moriset sur Europe entre 10h30 et 11h30. Je sais, on s'en branle, mais quand même... Vous connaissez un remède efficace contre les indigestions lourdes ?

17/11/07 - 08:44

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15/11/2007

15/11/07 - 22:34

La France comme elle va... mal

La grève. On ne parle que de ça. Mais que dit-on ? C'est marrant. Les gens font du vélo, du roller, de la trottinette. On se covoiture. C'est cool. On découvre des gens qu'on ne connaissait pas. On rigole. On arrive en retard au bureau. Ca fait chier les chefs. C'est encore plus cool que d'habitude. C'est la fête. La radio et la télé vous abreuvent de témoignages rigolards de ceux qui pratiquent la démerde et qui, surtout, n'en veulent pas à ceux qui les bloquent. En revanche, si les schmitts baffent trois connards trotskystes, ça met les medias en émoi. Allez, vive la grève. Finalement, pour lemoral du pays, on devrait la faire plus souvent, et merde pour ceux qui pensent le contraire, puisque la démocratie, c'est chier sur ceux qui sont pas d'accord avec une minorité d'emmerdeurs enragés. Bravo les mecs. Avec vous, la croissance est au rendez-vous des pays sous-développés.

15/11/07 - 20:47

La France comme elle va...

Ne surtout pas dire que les grevistes utilisent des methodes contestables. Les étudiants, je dis "des étudiants" qui étudient quoi ? qui étudient où ? qui étudient quand ? , ces gens-là bloquent des facultés, convoquent des A.G. dont ils ne respectent aucune des décisions, bloquent les facs contre l'avis d'une majorité qui s'est clairement exprimée. Une minorité d'activistes dont les motivations sont uniquement politiques dicte sa loi.
J'entends sur Europe I que les etudiants grevistes de Rennes ont confiné les journalistes dans un périmètre tracé au sol par des barbelés symboliques. Mais dans quelle France vivons-nous ? Est-ce deja la France de Pol Pot, ou celle de Che Guevara, ou encore celle des Gardes Rouges ? Avons-nous encore quelque chose a dire avant d'aller au goulag ? Faut-il fermer sa gueule devant les révolutionnaires qui veulent imposer leur pouvoir au mépris de la majorité qui n'en demande pas tant ?
Je suis d'accord que tout ne va pas bien dans ce foutu pays. Je suis d'accord aussi que certaines décisions récentes sont plutôt malvenues (+140%). Mais ne peut-on pas se parler, négocier, discuter ? Pourquoi toujours vouloir installer le bordel et la violence ? Le petit documentaliste que je suis, et qui compte pour nada dans le jeu actuel, est allé voir un peu ce qui se passait en Mai 68. C'est riche d'enseignements. Que sont devenus les big mouths qui menaient le combat ? Tous bien insérés dans la société civile, de respectables bourges, des gens "bien comme il faut". Vous voulez des noms? Non, vous les connaissez aussi bien que moi. Besancenot et les autres, plus ça change, plus c'est pareil. Arrêtez de me faire rigoler et de nous faire chier. Vous n'etes même pas crédibles, et comme vous le savez bien, vous vous vengez en cassant la France.

10/11/2007

10/11/07 - 20:02

Faudelio Vs. Loracle

Il paraît que Loracle a un concurrent sur ce site. Je suis allé voir le portrait de Loracle. Ce n'est pas un concurrent qu'il a, c'est un ami!
J'attends les réactions. On va rigoler. car dans le genre polémique, je ne recule devant personne. Allez, les Troskos, amenez-vous!

10/11/07 - 18:08

Encore Drücker

Au moins écouter les Grosses têtes ce soir aura eu du bon. J'ai entendu une bonne répartie qui mérite d'être rapportée. Bouvard questionne Drücker sur ses succès, réels ou prétendus, auprès des auditrices et des téléspectatrices. Drücker raconte l'histoire de cette dame qui est une de ses fans depuis 40 ans et qui le poursuit de ses assiduités. C'est ainsi qu'elle l'attend nue dans son parking privé, et qu'un jour, elle s'est jetée sur lui et lui a consciencieusement massé les choses de la vie ("les parties génitales", comme dit Drücker). Et Bernard Mabille d'ajouter: "Eh oui, il faut masser pour éviter les grumeaux avant la fellation!"
(Pardon Pierre, tu vas dire que je suis un sale obsédé. Je descends encore quelques degrés sur l'échelle de ton estime).

10/11/07 - 17:53

La tension ne retombe pas

J'écoute la radio dans ma voiture. Je zappe. RTL. Les Grosses Têtes. Tout le monde connaît. Devinez qui est l'invité de Bouvard... Eh oui, vous avez trouvé, c'est Michel Drücker qui vient parler de lui. Il ya des gens qui sont comme la peste, on n'y échappe pas. Tous n'en meurent pas, mais tous en sont atteints.
(Tu vois Pierre, il y a encore plus égocentrique que ce pauvre garçon que tu as failli trouver si bien...)

10/11/07 - 00:35

Non, Alzeimer n'a pas frappé

Ca y est, je viens de retrouver l'autre raison de ma mauvaise humeur matinale. Il s'agit de la grève annoncée de la SNCF et dela RATP. Ce matin de bonne heure, il devait être 6 heures, un délégué de la CGT des cheminots expliquait avec force détails les raisons pour lesquelles il est contre la suppression des régimes spéciaux de retraite. Il est conducteur de trains, et il devrait prendre sa retraite à 50 ans, ou 52 ans au plus tard. Si la loi que le Gouvernement prévoit de faire passer est votée, il prendra sa retraite à 58 ans. "C'est inacceptable, ça" dit-il. Et d'expliquer qu'il n'a pas de week-ends en famille, qu'il passe les fêtes à dormir dans un dépôt de la SNCF au lieu d'être avec sa famille, qu'il a des horaires décalés, pas le temps de récupérer. Il évoque aussi la pénibilité de son métier. On a l'impression d'être revenu au temps de la Bête Humaine. Donc, pour toutes ces raisons, il appelle à la mobilisation générale. "Il faut faire plier Sarkozy", s'écrie-t-il. Le journaliste lui explique que d'autres professions connaissent les mêmes contraintes, l'hôtellerie, par exemple. Mais cela ne l'intéresse pas. Il faut faire grève, il faut faire plier Sarkozy. "Même si dans 20 ans on ne peut plus vous payer votre régime spécial?", hasarde le journaliste. Pour le conducteur de trains CGT, la solution est simple: faire cotiser plus les salariés du privé qui ont des salaires supérieurs à ceux des fonctionnaires et assimilés. Ben tiens... C'est ça la solidarité. Ceci m'a fait penser à mon tonton Maurice qui est retraité de la SNCF, personnel roulant, mécanicien principal (conducteur de train). Il a pris sa retraite à 52 ans, et il a ensuite travaillé dix ans dans une entreprise en région parisienne. Il n'était donc pas si usé que ça, le tonton Maurice. En plus, quand il couchait au dépôt (de la SNCF, pas chez les Schmitts!), il percevait ce qu'on appelle une "prime de panier", à quoi s'ajoutent les fameux "permis" pour voyager gratos sur les lignes nationales, et un permis pour les lignes européennes. Mon tonton est mort, mais sa veuve bénéficie des permis, et elle en fait même profiter ses enfants quand elle ne les utilise pas elle-même.
Mais, comme dit le petit facteur de Neuilly: "Il faut conserver les acquis que nos "Anciens" ont obtenus". Décidément, la France est un pays foutu, parce que c'est un pays ingouvernable où les privilèges corporatistes pèsent plus lourd que la nécessaire refonte de notre système de retraite. Comme disait George Orwell dans Animal Farm: "Tous sont égaux, mais certains plus que d'autres". On encrève de cette fausse égalité.

09/11/2007

09/11/07 - 23:57

Décidément, je suis de plus en plus enragé, ces temps-ci

Deux choses ont gâché ma matinée, outre la connerie des étudiants ultra-gauchos.
Ce matin, Drücker (vous connaissez ? C'est l'homme orchestre du service public de la télé) était l'invité de J.P.Elkabach pour faire la promotion du bouquin qu'il vient de commettre, dont le titre est "Mais que va-t-on faire de toi ?" (La réponse va de soi: une grande vedette, bien sûr! What else ?). A la fin de l'entretien où Drücker parle de lui avec la gourmandise et le ravissement du bon élève appliqué qu'il n'a jamais cessé d'être (mon cher Pierre, à côté de Drücker, je suis un piètre amateur), JPE lui pose la question à un million de dollars:
"C'est pour quand, la retraite ?"
Réponse immédiate: "Jamais".
Donc nous voilà prévenus, nous allons supporter Drücker et son sirop d'érable écoeurant jusqu'à ce que mort s'ensuive. Fais gaffe, Michou. Jacques Martin a été poussé dehors sans ménagement pour que tu prennes sa place. Il avait ton âge quand on l'a remercié. Tu sais comment ça s'est terminé pour lui. Il y a, dans les coulisses, pas mal de candidats à ta succession qui attendent le moment de te glisser sous les pieds la fatale peau de banane qui te fera tomber. Michou, je te trouve franchement insupportable.

Je m'aperçois que dans le feu de mon envolée contre Drücker, j'ai tout simplement oublié la deuxième chose qui a pourri ma matinée. Mais dès que le souvenir me reviendra, je vous en ferai part. Pour l'heure, je vais me coucher.

09/11/07 - 22:55

J'AI LA RAGE, MOI AUSSI !

J'en ai marre de cette dictature de fait de quelques excités qui prétendent interdire aux étudiants d'entrer dans leurs facs. J'en ai marre de ces méthodes inqualifiables, de ces tristes parodies de démocratie à la soviétique qui consistent à empêcher les étudiants de se prononcer par un vote à bulletin secret et qui préfèrent un vote à main levée. Marre de l'intimidation et de la violence faite à des étudiantes qui distribuent des tracts appelant à la levée du blocage de leur fac. Marre des procédés de voyous admirateurs du Che, de Trotsky et de Mao. Marre de ces gardes rouges d'un autre siècle, de ces gardiens zélés du temple rouge de la révolution. Marre de ces zélateurs du grand soir et de ces admirateurs des pays du matin rouge. Marre des fouteurs de merde, des semeurs de bordel, des casseurs de France, des faux-culs qui n'ont à la bouche que le mot de "liberté" et qui le bafouent perpétuellement. Marre des dictateurs aux petits pieds qui n'ayant rien appris n'ont rien retenu. Il fallait bien s'y attendre, une fois Sarko élu. Le petit gendre de Krivine avait été très clair face au candidat un soir de débat: "Vous n'avez pas fini de nous trouver en face de vous!". Ca ne fait que commencer. Mais les Français supporteront-ils longtemps la loi des gros bras et des forts en gueule prêts à tout, sauf, naturellement, à étudier?

08/11/2007

08/11/07 - 16:11

En forme de suite à "la vie après la vie"

Freres humains qui apres nous vivez,
N'ayez les cuers contre nous endurciz,
Car, se pitié de nous pouvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six:
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie:
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

si freres vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdain, quoique fusmes occiz
Par justice. Toutesfois, vous sçavez
Que tous hommes n'ont pas le sens rassiz;
Excusez nous, puis que sommes transsiz,
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous preservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

La pluye nous a debuez et lavez,
Et le soleil dessechez et noirciz:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arrache la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assiz;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
A son plaisir san cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez a couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n' ait de nous seigneurie:
A luy n'ayons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.


Ce poème en forme de ballade est l'Epitaphe Villon, que François écrit, alors que, condamné à mort, il s'attend à être pendu. La Ballade des Pendus reste le chef d'oeuvre du poète. La condamnation fut annulée par le Parlement en 1463, et nul n'entendit plus jamais parler de François Villon qui disparut complètement à cette date.

08/11/07 - 15:17

La vie après la vie

Les natifs du signe du scorpion sont en général des êtres complexes, ambigus, apparemment pétris de contradictions qui les rendent difficiles à comprendre, difficiles à vivre, parfois détestables, mais toujours attachants, parfois séduisants, voire fascinants. Ce signe a marqué des hommes tels que Camus, Picasso, Dostoïevski, André Chénier, Martin Luther, Voltaire, Schiller, Malraux, Erasme, Rodin, pour n'en citer que quelques-uns parmi les plus connus. La bestiole elle-même exerce une espèce de séduction, et ce n'est sûrement pas par hasard si elle figure au hit-parade des tatouages avec le serpent, l'aigle et le dragon. Le scorpion qui vit dans l'ombre possède cette particularité de se donner la mort lorsqu'il est en danger, notamment s'il est encerclé par le feu. Le serpent fascine et fait peur en raison d'un contexte auquel il est associé. Il ne voit ni n'entend, il ne marche pas. C'est l'animal maudit par excellence. L'aigle est le seul être capable de fixer le soleil. Il est généralement associé à la divinité.
Le signe du scorpion correspond à la période allant du 23 octobre au 21 novembre. C'est la fin d'un cycle de vie. Signe d'eau, il est associé la pourriture et à la mort. En effet, on entre dans la période où les nuits sont plus longues que les jours, le soleil est sur son déclin, et les populations anciennes y voyaient la préfiguration de la fin de la vie. Mais l'ambiguité du signe tient aussi au fait que la vie est appelée à ressurgir, le soleil à revenir (ce sera le "sol invictus" de Noël). D'où l'idée qu'il faut se résoudre à mourir pour revivre. Le natif su Scorpion est un être fasciné par le sexe et la mort, (libido et destrudo), le désir de jouir de la vie et l'aspiration à une vie spirituelle qui le porte vers la religion ou l'occultisme. Qu'il en ait ou non une conscience claire, ces deux pôles apparemment opposés régissent sa vie. Son goût de la jouissance, sa force vitale, peuvent le pousser au suicide s'il se sent diminué ou s'il perd le contrôle qu'il aime à exercer sur les choses (quitter les choses avant que les choses ne le quittent). La mort est pour lui la preuve de sa liberté, et il vit de manière à l'apprivoiser.
Outre que mon anniversaire tombe le 4 novembre, je vois toujours arriver la Toussaint et la Fête des Morts ave une sorte de jubilation intérieure. J'aime cette période de l'année où la vie commence à s'abîmer dans l'obscurité et le silence. La nature prend des teintes qu'on ne voit à aucun autre moment de l'année. Le ciel a des couleurs uniques. La nuit est longue, parfois très longue, pour qui ne dort pas. Et c'est mon cas. J'aime aussi aller me promener dans les cimetières et m'arrêter devant une tombe ou une autre, comme cela, pendant quelques instants. C'est le dialogue d'un vivant avec des hommes, des femmes ou des enfants qui le furent pendant quelques années et qui ne le sont plus dans leur corps, mais qui vivent autrement, d'une réalité que nous ne connaissons pas encore. Ils ont fait le grand passage, ils ont vécu la grande épreuve. Désormais, ils savent. Ils voient de leurs yeux ce que nous, mortels, ne voyons pas encore.
J'aime à écouter, le soir, seul dans ma maison, l'Office des Morts, le Requiem grégorien, chanté par les moines de Fontgombault. Il existe plusieurs requiems, tous très beaux, de Mozart, de Verdi, de Berlioz, de Fauré. Tous sont des chefs d'oeuvre, et pourtant, aucun n'atteint en densité le requiem grégorien. C'est dans l'Office des Morts qu'on touche du doigt cette Espérance qui abolit la peur que l'idée de mort fait naître chez les vivants. Et je ne comprends pas que des prêtres aient pu abandonner ce trésor de la liturgie chrétienne au profit de chansonnettes et de musiques idiotes qui, au lieu de nous faire monter vers le Ciel, nous traînent au ras du sol et nous rappellent que nous ne voulons pas mourir. Au lieu de nous apaiser, elles nous affolent et nous révoltent. J'aime entre tous le chant du Subvenite qui se situe au moment où le corps du défunt entre dans l'église. Il évoque l'accueil des anges venus au-devant de celui qui est parti. La paix et l'espérance en sont la marque essentielle. Le génie du grégorien tient à cela qu'il sait faire monter l'âme chrétienne vers Dieu dans la contemplation paisible de la mort qui n'a plus rien d'effrayant. Il est à l'unisson des paroles de Job: "Je sais que mon Sauveur est vivant, et qu'au dernier jour, dans ma propre chair, je le contemplerai".
Après la lecture de l'Epitre de Saint Paul vient le chant de l'Absolve où le choeur demande à Dieu de délivrer les âmes des défunts des liens de leurs péchés. L'Absolve st suivi du Dies irae qui évoque le Jugement Dernier.
Il est accompagné du glas qui renforce la caractère impressionnant des paroles terribles de ce poème et qui fait mieux comprendre le drame cosmique , le prodigieux affrontement entre la vie et la mort qui est en train de se jouer à cet instant précis où les vivants implorent la miséricorde divine pour celui ou celle qu'ils accompagnent: "Ne perenni cremer igne", "ne m'abandonne pas au feu éternel".
La messe des funérailles se termine par le chant du Libera me, Domine. "Délivrez-moi, Seigneur, de la mort éternelle, en ce jour de terreur, où la terre et le ciel trembleront/ Quand vous viendrez juger le monde par le feu. La peur me gagne et je frémis à voir venir le jugement et la colère qui s'approchent." La mélodie est admirable et elle est soutenue puissamment par le bourdon qui résonne comme l'adieu, l'A-Dieu pour celui qui va quitter maintenant l'église au chant de l'In Paradisum pour être conduit au lieu de son repos.
Voilà ce qu'évoque pour moi, cette période de l'année . Ce n'est ni triste, ni effrayant, ni cruel, ni douloureux. C'est simplement de la beauté à l'état pur, preuve que la mort n'a jamais le dernier mot. C'est tout simplement la Vie.

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Deux citations pour illustrer la dualité de la personne du Scorpion:
"L'homme sait que le monde n'est pas à l'échelle humaine; et il voudrait qu'il le fût". (André Malraux, 3 novembre 1901)

"Cependant jouissons, l'âge nous y convie. Avant de la quitter, il faut user la vie. Le moment d'être sage est voisin du tombeau". (André Chénier, 3 novembre 1762)

08/11/07 - 08:45

HOROSCOPE

Mon anniversaire tombant le 4 novembre (pardon de parler de moi, on va encore me dire que je suis un odieux égocentriste!), je suis allé voir ce que disent les astres sur ce qui m'attend (le même va dire que je suis un curieux personnage, ambivalent, à facettes, déconcertant, bref, cela lui donnera encore plus de raisons de ne pas vouloir être mon ami!). Voici, rapidement, ce que j'ai trouvé dans deux quotidiens et un journal de télé:
Forme: Instable. Le moral conditionne le physique; faites du sport (Journal N°1) - Rayonnante, vous avez un moral de vainqueur, et ça se voit (Journal N°2) - Attention aux problème de dos; ne négligez aucun bobo (Journal de télé). Difficile de faire la synthèse de tout cela. En plus, pour me remonter le moral, j'entends François Hollande nous affirmer que ce qu'il a fait de positif depuis la dernière éléction présidentielle, c'est de remettre "autant que faire se peut", dit-il prudemment, le PS en état de marche. Si j'en crois ce que je lis ici ou là sur certains blogs, c'est pas exactement l'avis de tout le monde. Pour couronner le tout, la fin du monde est annoncée pour 2012, et en plus cela tombera un vendredi. Bon, me voilà regonflé pour quelques semaines!