30/09/2007Pour des raisons légales de protection des mineurs, cet article n'est accessible qu'aux inscrits. Vous pouvez vous identifier si vous êtes inscrit, ou vous inscrire si vous êtes majeur. 27/09/2007Pensées d'automneJe suis né un 4 novembre, je suis du mois des morts, du mois où la vie s'enfonce dans un long sommeil qui préfigure celui dans lequel nous glisserons tous chacun à notre tour. C'est le temps où les jours sont courts, où il fait nuit de bonne heure. Le ciel est tourmenté, les nuages se courent l'un après l'autre, poussés par le vent qui cingle et qui hurle. Ils ressemblent à ces troupeaux de bisons qui dévalent dans la prairie sauvage en un moutonnement furieux de dos et de croupes en soulevant des tourbillons de poussière ocre. Les feuilles roussies volettent de çà, de là, un pas à droite, un pas à gauche, planent un instant sur un souffle de vent et s'abattent au sol où elles vont rejoindre leur soeurs mouillées en épais manteau luisant et glissant sur le sol froid et détrempé. C'est le grand ballet de la putréfaction annoncée, la danse de la mort, le chant funèbre de l'immense nuit qui tombe et ensevelit la terre comme un linceul noir.
C'est le temps où rentrant à l'heure où le soleil déclinant luit, pâle comme un sourire d'enfant malade, je me prépare pour une longue nuit à lire sous la lampe en écoutant cette musique qui apaise les blessures de l'âme.
J'ouvre ce magnifique Baudelaire qui me fut offert un jour par mon professeur de français.
Chant d'automne
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres;
Adieu vives clartés de nos étés trop courts!
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres,
Le bois retentissant sur le pavé des cours.
Tout l'hiver va rentrer dans mon être: colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.
J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe;
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.
Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part...
Pour qui ? C'était hier l'été; voici l'automne!
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.
Lisez ce poème à haute voix pour en savourer les sonorités, particulièrement celles en [ou] qui donnent à ce chant des tons étouffés de plainte ou de râle de mort. "L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd": pas une sonorité claire dans ce vers. Nous sommes dans le registre de la mort. Plus qu'un chant d'automne, c'est la célébration de la mort, de la vie qui nous quitte. Les chocs funèbres, l'enfer, l'échafaud, le verbe succomber, et en point d'orgue le cercueil, et enfin le départ. Tout est fini.
Ce poème résonne comme les tambours voilés pour une marche funèbre.
Il est pour moi parmi les plus beaux de notre littérature. Je le lis en me laissant happer par l'obscurité qui se fait plus épaisse. Je dors peu, trop peu, me disent mes amis. J'aurai tout le temps quand viendra le moment, j'allais dire le jour, à l'heure prévue de tout temps. Ensuite viendra le jour, celui qui ne finira jamais. En attendant, il faut traverser la longue nuit.
C'est la Mort qui console, hélas! et qui fait vivre;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le coeur de marcher jusqu'au soir.
A travers la tempête, et la neige et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir;
C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus;
C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus.
Ch. Baudelaire. La Mort des Pauvres
Déjà plus d'une feuille sèche/ parsème les gazons jaunis.//Soir et matin la bise est fraîche./Hélas, les beaux jours sont finis. (Verhaeren)
Homosexualité et téléC'est bien ce que je craignais. Encore une de ces émissions qui se veulent informatives et qui, finalement, brassent des images usées qui ont traîné partout, avec les commentaires qui vont avec. Nihil novi... Inutile de vous dire que j'ai arrêté avant la fin. Je préfère dialoguer avec des gaiens. 26/09/2007Homme-Femme-Egalité ?Ce soir, France 2 nous propose une nieme émission sur le thème de l'homosexualité. Je la regarderai avec intérêt, et j'espère qu'elle sera bien construite, sans effets de sensationnel ou de voyeurisme. On en reparlera après l'avoir vue.
Mais déjà, sans avoir vu cette émission, des commentaires se donnent libre cours. Une personne parle de "deux hommes qui s'embrassent dans la rue", et dit que "c'est choquant". Ce qui me choque, moi, c'est que l'homosexualité es toujours présentée comme masculine. Que deux femmes se tiennent par la main, dansent ensemble ou s'embrassent ne choque personne. Que deux garçons se regardent tendrement dans les yeux et échangent un bisou met les bonnes âmes en révolution. Pourquoi ce qui est normal quand il s'agit des femmes ne l'est-il pas pour les hommes ? Nous en sommes restés aux clichés qui ont la vie dure des hommes mecs qui ne sont que des engins programmés pour des métiers pénibles où leur force physique est le gros plus incontournable, des mecs faits pour engrosser les femmes et rouler leurs mécaniques en société, des bêtes qui ne pleurent pas et ne souffrent pas, alors que les filles et les femmes sont présentées comme de petits êtres doux, tendres, bonnes pour l'amour, la procréation et l'éducation des enfants. Si elles se font des bisous ou se tiennent par la main, on dit que c'est leur féminité qui commande ce comportement. On ne les traite pas de "folles" ou de dépravées.
Je n'approuve pas les folles ou les femmes-mecs style conducteurs d'engins de 30 tonnes, qui ne contribuent pas à faire accepter l'homosexualité comme une sexualité normale au même titre que l'hétérosexualité. Tout ce qui est excessif choque et entraîne des réactions hostiles. Personnellement, je revendique ma part de féminité dans ma sensibilité, dans mon affectivité et dans ma conduite sexuelle. J'aime les garçons, oui. Et alors ? Je n'agresse personne, je ne provoque pas, mais si je trouve un garçon beau, je suis capable de me retourner sur son passage et de penser que j'ai très envie de lui. Et en plus, c'est vrai! 25/09/2007Il y a encore du chemin à faireCe matin, j'étais en train de me raser avec application lorsque mon téléphone sonne. Je bondis hors de la salle de bain dans le plus simple appareil d'une beauté etc... Une voix acidulée minaude de l'autre côté du combiné. "Alloooooooooooo, vous êtes bien Médéric?" Je réponds par l'affirmative. Jusque là, j'ai tout bon. La voix acidulée reprend: "Je suis Véronique, et je vous appelle au nom de la société Machintrucchose, spécialisée dans les arts dela taaaaaaaaaaable, et j'ai le plaisir de vous annoncer que vous êtes l'heureux gagnant d'un cadooooooooooooooooooo que nous aurons le plaisir de vous remettre lors du cocktail que nous offrirons dans la salons de l'hôtel X. à Bordeaux samedi prochain à 18 heures. Cela vous intéresse-t-il, Médériiiiiiic ? Un cadeau ? Bigre... Et de quoi s'agit-il donc ? La voix: "C'est ume magnifique parure de taaaaaaaaable signée d'un grand créateur". Bon. Je ne reçois pas tous les jours des gens importants, mais je me dis qu'il est toujours agréable de s'asseoir à une jolie table. Va pour la parure. Je dis à Véronique que je suis intéressé par son offre, et elle ajoute aussitôt: "Ce cadeau est à venir chercher en couple. Vous êtes marié ?" Aïe. Commencement des problèmes. "Heu, non", risqué-je d'une voix que je veux neutre. "Ah, je suis désolééééééééééééééééée, Médéric, mais notre offre s'adresse à des couples." Et moi d'ajouter, mu par une inspiration soudaine: "Mais je suis en couple, avec UN ami" (gros mensonge). Ah! Silence à couper au couteau de l'autre côté. "En bien, euh, c'est-à-dire... " Je l'interromps dans son non-discours: "Un couple, c'est deux personnes, non ?" Silence embarrassé. "Oui, mais, il faut que ce soit un homme et une femme; dans votre cas, ça ne marche pas". Je décide de jouer l'idiot qui provoque. "Je vous assure que si, ça marche bien entre nous". Gênée, la Véronique, gênée!. "Non, je veux dire que... vous comprenez..." Non, vraiment là, j'ai décidé de ne pas comprendre. J'entends sa copine qui lui souffle: "Coupe! Coupe!" Véronique met fin à la conversation en raccrochant. Voilà. Je n'aurai pas de cadeau parce que mon couple (virtuel) n'est pas reconnu par la société Machintrucchose et les arts de la table. C'est pas encore demain qu'on pourra se rouler un patin devant une flûte de kir royal, hein Véro ? 24/09/2007Mes premiers motsA peine arrivé sur ce blog où je fais mes prmiers pas et dis mes premiers mots, rrrreeûûûû, gaaaaaaaa, ahahahah, et autres borborygmes enfantins, voici qu'un aimable habitant de la planète GA me propose de me pendre sur ses genoux pour me faire faire mon rot. A part ma maman, il y a de cela quelques années, personne ne m'a encore pris sur ses genoux. Chacun aime à se souvenir de ces années merveilleuses de la toute petite enfance où tout n'était que douceur, gourmandise et insouciance. Comme beaucoup de bambins, je suçais mon pouce, jusqu'à ce qu'une personne sans doute animée de bons sentiments à mon égard et experte en pédopsychologie ne s'avise de dire à mes parents que sucer son pouce était une très mauvaise (et vilaine) habitude dont il importait de me débarrasser au plus vite. Maman et papa se mirent en devoir de me libérer de ce penchant malsain. Vingt et quelques années plus tard, jugez du résultat. Je ne suce plus mon pouce. C'est vrai, je ne suce plus... mon pouce. La privation de ce plaisir anodin m'a conduit à chercher une conduite de substitution aussi satisfaisante. Je l'ai trouvée un jour, et je l'ai gardée depuis. Ah, les psy... Qui dira les bouleversements qu'ils opèrent dans la tête d'un délicieux enfant! Mais croyez-moi, je ne me plains pas, bien au contraire! Nouveau-né sur G.AIl fallait bien que cela arrive un jour. Après avoir longtemps écrit pour moi-même, je vais écrire pour vous et, je l'espère, ne pas vous lasser. J'ai plein de choses à vous dire. Si vous avez lu mon portrait, vous devez penser: "Il est pas marrant, ce mec-là". Détrompez-vous. J'ai des amis qui m'apprécient, j'aime la compagnie, mais je choisis soigneusement ceux qui en feront partie. Je suis discret, mais capable aussi de me livrer quand la confiance est établie. Enfin, sachez-le, j'aime les beaux garçons, les beaux corps, et les belles têtes qui ont quelque chose dedans.
A bientôt sans doute.  |
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